Nom et repères

Du SOPK au SMOP : pourquoi changer de nom ?

Depuis le 12 mai 2026, le consensus international recommande de remplacer progressivement l'appellation « syndrome des ovaires polykystiques » (SOPK) par « syndrome métabolique ovarien polyendocrinien », ou SMOP. En anglais, cette nouvelle appellation devient PMOS : Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome. L'ancien acronyme anglais, PCOS (Polycystic Ovary Syndrome), reste lui aussi très largement utilisé et continuera de l'être pendant la période de transition.

L'ancien nom était trompeur. Toutes les femmes concernées n'ont pas un aspect polykystique des ovaires, et les éléments observés à l'échographie ne sont généralement pas de véritables kystes, mais de nombreux follicules dont le développement s'est interrompu.

Le nouveau nom rappelle surtout que ce syndrome ne concerne pas seulement les ovaires. Il peut impliquer plusieurs systèmes hormonaux, la régulation métabolique, l'ovulation, la peau, les cheveux, la santé cardiovasculaire, la fertilité et le bien-être psychique. Le changement de vocabulaire doit être progressif ; les deux noms — SOPK et SMOP — resteront donc probablement utilisés ensemble pendant plusieurs années.

Définition et diagnostic

Qu'est-ce que le SMOP, concrètement ?

Le SMOP est un syndrome endocrinien, métabolique et reproductif dont l'expression varie beaucoup d'une personne à l'autre. Il peut associer une ovulation irrégulière ou absente, une production plus importante d'androgènes et, chez certaines femmes, une morphologie ovarienne particulière.

Chez l'adulte, le diagnostic repose généralement sur la présence d'au moins deux des trois éléments suivants, après avoir écarté les autres causes possibles :

L'AMH ne suffit pas, à elle seule, à poser le diagnostic. Lorsque les cycles irréguliers et l'hyperandrogénie sont déjà présents, une échographie ou un dosage d'AMH ne sont pas toujours nécessaires.

Chez les adolescentes, le diagnostic demande davantage de prudence : des cycles irréguliers peuvent être physiologiques après les premières règles. L'échographie et l'AMH ne sont pas recommandées pour poser le diagnostic à cet âge. Une surveillance dans le temps peut être préférable.

Le bilan médical sert également à éliminer d'autres causes possibles, notamment certains troubles thyroïdiens, une hyperprolactinémie ou d'autres causes d'hyperandrogénie.

10 à 13 %
des femmes en âge de procréer seraient concernées dans le monde. Jusqu'à 70 % des femmes atteintes pourraient ne pas savoir qu'elles vivent avec ce syndrome.

Diversité des vécus

Une expression différente chez chacune

Certaines femmes ont des cycles très espacés ; d'autres ont des règles régulières mais présentent une hyperandrogénie. Certaines vivent avec une résistance à l'insuline, d'autres non. Le SMOP peut se manifester chez des femmes minces, rondes ou de corpulence intermédiaire.

Les symptômes possibles comprennent des cycles irréguliers ou absents, une ovulation imprévisible, de l'acné, une pilosité plus importante, une chute ou un affinement des cheveux, une fatigue, des variations de poids, des difficultés de fertilité ou des répercussions sur l'humeur et l'image corporelle.

Aucun de ces signes ne définit à lui seul une femme ni son rapport à la féminité. Le SMOP ne signifie pas automatiquement infertilité : beaucoup de femmes conçoivent spontanément ou avec un accompagnement adapté.

Recherche

Un syndrome à la fois endocrinien et métabolique

La résistance à l'insuline est fréquente dans le SMOP et peut être présente quelle que soit la corpulence. Elle peut favoriser une production plus importante d'androgènes et perturber l'ovulation, mais elle n'est ni systématique ni identique chez toutes les femmes.

Le SMOP résulte d'interactions complexes entre prédispositions génétiques, fonctionnement hormonal, métabolisme et facteurs environnementaux. La recherche étudie également le rôle possible de l'inflammation de bas grade et du microbiote, mais ces pistes ne constituent pas encore, à elles seules, des explications ni des traitements établis.

Les dosages d'insuline utilisés isolément ne permettent pas toujours d'évaluer correctement la résistance à l'insuline. Le suivi repose plutôt sur une appréciation globale de la glycémie et des facteurs de risque métabolique.

Santé à long terme

Prendre soin du présent et de la santé à long terme

Le suivi peut inclure, selon chaque situation, la glycémie, les lipides sanguins, la tension artérielle, le sommeil, la santé de l'endomètre, la santé émotionnelle et les éventuels projets de grossesse.

Lorsque les règles sont très espacées ou absentes pendant de longues périodes, un avis médical est important afin d'évaluer la nécessité de protéger l'endomètre. Cela ne signifie pas qu'une complication surviendra, mais qu'un suivi adapté permet de réduire les risques.

L'anxiété, la dépression, les troubles alimentaires et une image corporelle douloureuse sont plus fréquents chez les personnes vivant avec un SMOP. Ces dimensions méritent d'être accueillies et accompagnées au même titre que les symptômes physiques.

Approche

Une approche individualisée plutôt qu'une solution unique

Il n'existe pas un traitement unique du SMOP. L'accompagnement dépend des symptômes, de la santé métabolique, du rapport au cycle, des préférences de la personne et de son éventuel désir de grossesse.

Une contraception hormonale peut rendre les saignements plus prévisibles, réduire certains effets des androgènes et contribuer à protéger l'endomètre. Elle ne « régule » cependant pas le cycle naturel au sens strict. La metformine peut être proposée dans certaines situations métaboliques. En cas de désir de grossesse et de troubles de l'ovulation, des traitements spécifiques peuvent être envisagés avec une équipe médicale.

Il n'existe pas non plus un régime alimentaire universel du SMOP. Une alimentation suffisamment nourrissante, variée, durable et adaptée à la personne est préférable aux règles rigides. L'activité physique apporte des bénéfices métaboliques, musculaires et émotionnels même lorsqu'elle ne provoque aucune perte de poids.

Le sommeil, le mouvement, la diminution de la sédentarité et le soutien psychologique peuvent compléter cette approche. Ils ne sont ni une punition ni la preuve que la personne serait responsable de son syndrome.

Compléments alimentaires : garder un regard critique

L'inositol est souvent proposé dans le SMOP, mais les bénéfices cliniques restent variables et aucune forme ni dose ne fait encore consensus. La berbérine et les compléments présentés comme « naturels » peuvent avoir des effets indésirables ou interagir avec des traitements. Ils méritent d'être discutés avec un professionnel compétent, particulièrement en cas de grossesse, de désir de grossesse ou de prise de médicaments.

Corps et vécu

Habiter un corps devenu imprévisible

Des cycles imprévisibles, une pilosité ou une acné difficiles à vivre, des variations de poids, la fatigue, une attente de grossesse ou des années d'errance diagnostique peuvent modifier profondément la relation au corps. Certaines femmes finissent par surveiller, contrôler ou combattre un organisme qu'elles ne comprennent plus.

Femme attachant ses cheveux devant un miroir

Les pratiques somatiques ne remplacent pas le suivi endocrinologique et métabolique, mais elles peuvent aider à retrouver un sentiment de sécurité corporelle : écouter les sensations plutôt que traquer chaque symptôme, respirer avec le bassin, renouer avec le mouvement, le repos, le plaisir et une image de soi qui ne dépend pas de la régularité du cycle.

Le stress ne crée pas à lui seul le SMOP. Il peut néanmoins influencer le sommeil, la fatigue, les comportements alimentaires, le système nerveux et la manière dont les symptômes sont vécus. Prendre soin de cet espace émotionnel et somatique fait donc pleinement partie de l'accompagnement.

Ton corps n'est ni défaillant ni indiscipliné. Il cherche son équilibre selon une physiologie qui mérite d'être comprise, accompagnée et respectée.

Communauté

Se sentir moins seule

Beaucoup de femmes racontent avoir dû chercher longtemps avant d'obtenir un diagnostic ou un accompagnement qui considère l'ensemble de leur vécu. Échanger avec d'autres personnes concernées peut aider à mettre des mots sur son expérience, mais les témoignages et les réseaux sociaux ne remplacent pas une prise en charge individualisée.

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Pour aller plus loin

Sources et repères

Monash University — International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of PMOS/PCOS : monash.edu/medicine/mchri/pcos/guideline

Organisation mondiale de la Santé — Syndrome des ovaires polykystiques, fiche actualisée en 2026 : who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/polycystic-ovary-syndrome

Dernière vérification du contenu : septembre 2026.